Rennfahrer mit Helm sitzt im Toyota-Gazoo-Racing-Wagen auf der Strecke, Zuschauer im Hintergrund

Le Mans 2026 : ce que les sportifs d’endurance peuvent apprendre des pilotes

Sonja Höslmeier, Redakteurin bei InspiredBySports

AUTEUR :

Sonja Höslmeier

5 min de lecture

Dimanche, onze secondes ont séparé le vainqueur du deuxième. Après 24 heures. La Toyota #7 de Kamui Kobayashi, Nyck de Vries et Mike Conway a remporté la première victoire aux 24 Heures du Mans depuis 2022, devançant de justesse la BMW de René Rast. Alors que tout le monde parle des pneus et des arrêts aux stands, le véritable sport se joue dans le cockpit : trois pilotes qui travaillent comme des athlètes d’endurance. Leur entraînement te fournit un plan pour ta prochaine longue course.

Sprint court

  • 170 bpm en moyenne : Un pilote des 24 Heures du Mans maintient pendant des heures le rythme cardiaque que tu atteins en course d’endurance. Mais assis.
  • Jusqu’à 3 litres de transpiration par stint : Dans l’habitacle fermé, la température a historiquement pu monter jusqu’à 80 °C. La climatisation est rare, car elle coûterait cinq à six chevaux.
  • L’hydratation se mesure, pas se devine : Les équipes pèsent les pilotes avant et après chaque stint et analysent le taux de sodium dans leur sueur.
  • La nuque encaisse 4G : Environ 20 kilos de pression dans chaque zone de freinage intense. Un entraînement ciblé, deux à trois fois par semaine, est indispensable.
  • Ce que tu peux éviter : Le bac à glace et les blocs de 2,5 heures en salle. Mais le principe derrière est en or : anticiper la chaleur, le rythme cardiaque et l’hydratation plutôt que de croiser les doigts.
170
bpm fréquence cardiaque moyenne en course
3 L
perte de liquide par stint
80 °C
chaleur dans l’habitacle (valeur extrême historique)
4 G
charge sur la nuque au freinage

 

24 heures dans le four : quel impact sur le corps ?

De l’extérieur, Le Mans ressemble à une machine. En réalité, c’est l’une des épreuves d’endurance les plus éprouvantes du sport professionnel. Un pilote ne reste pas simplement 24 heures dans la voiture, mais effectue des stints : souvent des doubles ou triples quarts, chacun durant d’une à plusieurs heures. Pendant ce temps, son pouls se situe en moyenne au-dessus de 170 battements par minute. Non pas comme un bref pic, mais heure après heure.

À cela s’ajoute la chaleur. Comme une climatisation grignote la puissance, donc coûte du temps au tour, la plupart des équipes s’en passent. Dans l’habitacle fermé, la chaleur du moteur et de la piste s’accumule. Historiquement, plus de 80 degrés ont été enregistrés. Aujourd’hui, à partir de 32 degrés de température extérieure, une règle s’applique, limitant la durée de conduite continue à 80 minutes. Par forte chaleur, les pilotes perdent de 2,5 à 3 litres de liquide par stint. Le Belge Jacky Ickx a déjà perdu six kilos en une seule journée de course lors des années les plus rudes.

Puis vient le cou. Dans les zones de freinage les plus violentes, des forces allant jusqu’à 4G, soit environ 20 kilos, tirent sur la tête et le casque, tour après tour. C’est précisément pour cette raison que les pilotes du Mans s’entraînent deux à trois fois par semaine pendant environ deux heures et demie en salle : cardio, gainage, cou. La victoire du dimanche ne se joue pas uniquement sur la stratégie. Onze secondes après 24 heures déterminent aussi qui parvient encore à freiner proprement à la 22e heure.

Cela ne concerne pas uniquement les équipes d’usine au sommet. Les écuries privées, à l’image de l’allemand Proton Competition, prennent également le départ au Mans, avec deux Ford Mustang en catégorie LMGT3 en 2026, dont un piloté par l’ancien pilote de Formule 1 Logan Sargeant. Leurs pilotes suivent exactement ce même programme. La chaleur dans l’habitacle GT3 est identique à celle ressentie en tête de course.

Coureuse d'endurance sur route par temps chaud
Ce qui compte dans l’habitacle vaut aussi sur la route : chaleur, pouls, plan.

 

Trois leçons à retenir du cockpit

Tu ne conduis pas une hypervoiture. Mais lors de ton 30 kilomètres en plein été ou de ton premier triathlon, tu affronteras les mêmes adversaires : la chaleur, le rythme cardiaque, l’hydratation. Les pros ne les surmontent pas par la volonté, mais grâce à un plan.

Premièrement : anticiper la chaleur, ne pas la subir. Les équipes préparent leurs pilotes aux conditions climatiques, au lieu d’espérer que ça passera. Pour toi, cela signifie une acclimatation à la chaleur : une à deux semaines avant une compétition par temps chaud, entraîne-toi volontairement sous la chaleur pour que ton corps transpire plus tôt et plus efficacement. Cela réduit ton rythme cardiaque à effort égal, comme le montrent les cinq leçons d’entraînement du Critérium du Dauphiné : la préparation commence bien avant le départ.

Deuxièmement : boire selon les chiffres, pas selon la soif. Les équipes pèsent leurs pilotes et analysent la teneur en sel de leur sueur pour adapter individuellement le mélange d’électrolytes. Pas besoin de laboratoire. Pèse-toi avant et après une longue séance qui te fait transpirer. Chaque kilo perdu correspond à environ un litre de liquide, que tu devras compenser la prochaine fois en cours de route. Boire uniquement en fonction de la soif par temps chaud, c’est presque toujours trop tard.

Troisièmement : ton rythme cardiaque est ton compteur. En voiture comme sur la piste, les premières heures déterminent les dernières. Qui démarre trop fort paie cher plus tard. Les pilotes des 24 Heures du Mans contrôlent délibérément leur allure. C’est ça, le pacing. Et souvent, la tête lâche avant les jambes – un phénomène que le Brain Endurance Training explique clairement.

À emporter
  • Acclimatation à la chaleur avant une compétition estivale
  • Connaître et compenser sa perte de sueur grâce à une balance
  • Pacing contrôlé dès les premiers kilomètres
  • Entraînement ciblé du tronc et de la nuque pour les efforts longs
À éviter
  • Des blocs de 2,5 heures en salle de sport comme un pro
  • Les rituels de baignoires glacées comme prétendu hack de performance
  • Les électrolytes spéciaux sans savoir ce que tu perds
  • L’idée que l’entraînement par la chaleur remplace une longue sortie

 

Ce que tu retiens

L’attrait des 24 Heures du Mans ne réside pas dans le fait que quelqu’un roule vite. Beaucoup savent rouler vite. L’attrait, c’est que quelqu’un trouve encore onze secondes après 24 heures de chaleur, de rythme cardiaque élevé et de déshydratation. C’est l’endurance à l’état pur, mais avec un volant.

Pour toi, il reste une règle simple en trois points : prépare-toi à la chaleur, connais ta perte de liquide en chiffres et gère ton effort dès le départ. Qui prend cela au sérieux termine aussi les parcours longs et difficiles, qu’il s’agisse d’un marathon à 28 degrés ou d’un ultra de 200 miles comme le Tahoe 200. La voiture a besoin de carburant. Toi, tu as besoin d’un plan.

Cool-down

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Quel est le véritable rythme cardiaque d’un pilote aux 24 Heures du Mans ?
En moyenne plus de 170 battements par minute, maintenus pendant des heures. Cela équivaut à une course de tempo ambitieuse, à la différence que le pilote est assis, conduit et encaisse les forces à chaque freinage. Le rythme cardiaque peut même monter plus haut, par exemple dans les passages serrés et rapides.
Pourquoi n’y a-t-il pas de climatisation dans une voiture de course ?
Parce qu’elle consomme de la puissance. Une climatisation est entraînée par le moteur et prélève environ cinq à six chevaux, soit trois à quatre dixièmes par tour selon le circuit. Sur 24 heures, c’est un énorme désavantage. Les équipes préfèrent donc supporter la chaleur et préparer physiquement les pilotes en conséquence.
Que puis-je concrètement reprendre en tant que coureur amateur ?
Trois choses : acclimate-toi à la chaleur une à deux semaines avant une compétition par temps chaud. Pèse-toi avant et après les longues sorties pour connaître ta véritable perte de liquide. Et commence de manière contrôlée, au lieu de te dépenser dès le départ. Aucun équipement nécessaire, juste de la discipline.
Comment les pilotes entraînent-ils leur cou ?
Avec un entraînement ciblé de résistance pour les muscles du cou, souvent à l’aide de bandes élastiques, de poids fixés au casque ou d’appareils spécifiques. Le cou doit supporter plusieurs fois le poids de la tête dans les zones de freinage. Pour toi, en tant que sportif d’endurance, un tronc stable et quelques exercices pour le cou suffisent si tu passes beaucoup de temps en position aérodynamique sur le vélo.
Le sport automobile est-il vraiment un sport d’endurance ?
Sous cette forme, oui. Une fréquence cardiaque moyenne de 170 battements pendant des heures, trois litres de sueur par relais et des forces de freinage sur tout le corps font du sport automobile d’endurance un véritable effort d’endurance. Les formats de sprint sont plutôt des efforts intenses et courts. Les 24 Heures du Mans en sont l’exact opposé.

Source de l’image : image de titre générée par IA (juin 2026), certificat C2PA intégré dans l’image. Image de l’article Pexels / RUN 4 FFWPU (px:10168168)

Transparence : Evernine Media est partenaire de Proton Competition.

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