Bikepacking-Gravel-Rad mit Lenker-Roll und Rahmentasche im Wald

Bikepacking 2026 : du gravel au format randonnée

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Le bikepacking, en 2026, est ce que le Gravel-biking était en 2023 : une sous-culture qui quitte sa niche pour attirer les athlètes outdoor qui ne veulent plus se contenter d’un voyage en vélo de course classique ou d’un lourd sac à dos de VTT. Ceux qui se trouvent ce week-end dans un point d’arrêt à Munich, Vienne ou Zurich y voient clair : des vélos équipés de roues à rouleaux sur le guidon, de sacs de cadre et sans porte-bagages. Trois jours de self-suffisance, pas d’hôtel, dormir dans un bivouac. Ce qui ressemble à une mouvance hippie est en réalité une véritable mutation du marché outdoor en Allemagne, Autriche et Suisse. Et cette mutation a atteint, en 2026, un point où il devient utile de regarder la situation en face.

Sprint court

  • Le bikepacking n’est pas un tour de vélo avec de nouvelles sacoches. C’est une autre logique : un équipement minimaliste, des terrains variés, l’autosuffisance plutôt que l’hébergement en pension. Ceux qui font cette confusion achètent les mauvais composants.
  • Le boom DACH depuis 2024. Chez les vendeurs de vélos à Munich, Hambourg et Vienne, les sacs de bikepacking constituent la catégorie qui connaît la croissance la plus rapide. Apidura et Ortlieb signalent des augmentations de chiffre d’affaires à deux chiffres, avec une hausse de 38 % en 2025.
  • Pentecôte marque le début de la saison. Ce week-end et en juin sont les périodes où le temps est stable et où les sentiers sont suffisamment secs pour des excursions de plusieurs jours, à partir de 200 km.
  • Trois événements marquent 2026. Le Ditzlar Bikepacking Race, Schleswig-Holstein, du 30 mai au 1er juin ; Hope 1000, Suisse, du 8 au 15 juin ; Trans Germany Trail, en août.
  • Les coûts d’entrée restent réalistes : entre 600 et 900 euros pour l’équipement, si vous utilisez un vélo de gravel ou un VTT cross. Pour ceux qui commencent depuis zéro, il faut prévoir 2.500 euros et plus.

Pourquoi le bikepacking connaît un véritable essor en ce moment

Il m’a fallu trois semaines pour comprendre ce qu’est réellement le bikepacking. Dans les années 80, mon père parcourait la France à vélo, sur un modèle de course en acier, et appelait cela « voyager à vélo ». Dans le boom du VTT des années 2000, mon oncle a fixé une selle de camping à l’arrière de son vélo et a traversé les Alpes. Ce que font aujourd’hui les jeunes bikepackers n’a rien à voir avec ces pratiques. Il s’agit d’une discipline à part entière, aux codes bien précis : rouleau de guidon à l’avant, sacoche de cadre dans le triangle principal, sacoche de selle à l’arrière, pas de porte-bagages. Le terrain est mixte, entre graviers et asphalte. On dort dans un bivvy ou sous une hamac, jamais à l’hôtel.

Cette évolution ne vient pas de nulle part. Trois facteurs se sont conjugués en 2024 et 2025. Premièrement, les gravel bikes ont cessé d’être un simple phénomène de mode pour devenir une catégorie grand public. Qui a acheté en 2023 un Cervélo Aspero ou un Specialized Diverge possède aujourd’hui, en 2026, un vélo conçu spécifiquement pour le bikepacking, même sans équipements supplémentaires. Deuxièmement, l’industrie des sacoches a rattrapé son retard. Apidura, Restrap et Ortlieb proposent désormais des accessoires qui ne donnent plus l’impression d’être des solutions improvisées. Enfin, la génération outdoor, élevée au trail-running et à l’escalade, recherche des formats plus longs et plus tranquilles.

Les personnes qui ont déjà suivi la tendance du gravel biking en 2026 constituent précisément la cible idéale pour le bikepacking. Le vélo est là, les compétences aussi ; ce qui manque, c’est l’idée même de partir trois jours sans avoir à s’installer dans une pension.

Ce qu’un véritable équipement de bikepacking coûte

120 €
Rouleau de guidon Apidura Backcountry
95 €
Sacoche de cadre Restrap Race
140 €
Sacoche de selle Ortlieb 16 litres
235 €
Bivvy et sac de couchage ultra-léger

Près de 600 euros pour l’équipement complet de sacoches et de couchage, si vous utilisez un gravel bike ou un VTT cross déjà existant. À cela s’ajoutent une lampe à 80 euros, une pompe compacte à 40 euros, un kit de réparation à 30 euros. Si vous souhaitez emporter un filtre à eau et un réchaud, comptez encore 150 euros supplémentaires. Voilà le seuil où le bikepacking cesse d’être un passe-temps réservé aux amateurs branchés pour devenir un investissement sérieux en plein air.

En revanche, pour ceux qui débutent sans leur propre gravel bike, le calcul est tout autre. Un vélo adapté au bikepacking démarre autour de 1 500 euros (Cube Nuroad, Canyon Grizl Base), mais il faut compter plutôt entre 2 000 et 2 800 euros pour un modèle correct, équipé d’un bon groupe de transmission et de pneus tubeless. Ajoutez-y le coût de l’équipement de base et des outils d’urgence. Avant même de commencer la première sortie, la facture peut rapidement atteindre 3 500 euros.

L’évolution du bikepacking depuis 2018

2018 – L’engouement pour la Tour Divide
Le décès de Mike Hall et le documentaire sur la Trans-Am Bike Race propulsent les courses en autonomie dans le grand public outdoor. Les premiers bikepackers allemands s’aventurent seuls sur de longues distances.
2020 – L’accélération due au Covid
L’autonomie en plein air devient mainstream. Les marques de VTT conçoivent leurs premiers modèles spécifiques au bikepacking. Apidura double son chiffre d’affaires en 18 mois.
2023 – Le Gravel Bike comme standard
Les gravel bikes remplacent le vélo de randonnée classique. Des marques comme Cervélo, Specialized et Canyon intègrent des points de fixation pour le bikepacking dès l’usine. L’industrie des sacoches se professionnalise.
2025 – La scène des courses DACH prend de l’ampleur
La Hope 1000, la Tuscany Trail et la Trans Germany Trail affichent des centaines de participants. Premiers événements de bikepacking allemands sans format course, uniquement avec recommandations d’itinéraires.
2026 – Le seuil du grand public
Decathlon et Rose Bikes intègrent les sacoches de bikepacking à leur gamme standard. Les magazines de voyage découvrent ce format. Le bikepacking n’est plus un terme réservé aux initiés.

Ce que tu apprends lors de ton premier week-end

Si tu prévois ton premier trip de bikepacking pour la Pentecôte, vois petit. Une nuit, 80 à 120 km, une région familière. Munich-Tegernsee-Tegernhof et retour. Vienne-piste cyclable du Danube jusqu’à Tulln et retour. Zurich-Sihltal-Sihlsee. C’est suffisant pour ressentir ce qui distingue le bikepacking d’une excursion à la journée, sans qu’une planification d’itinéraire mal estimée ne te place dans une situation menaçante.

Tu apprendras trois choses durant ce premier week-end. Premièrement : ton équipement est mal chargé. Le rouleau de guidon est trop lourd, la sacoche de selle glisse, la sacoche de cadre tape contre ton genou. Les corrections viendront lors du deuxième trip, pas avant. Deuxièmement : ton rythme est trop élevé. Le bikepacking n’est pas une course de gravel, tu dois apprendre à rester dans une zone de confort à 18 kilomètres par heure, et non dans la zone de vitesse à 26 km/h que tu maintiens lors de ta balade dominicale. Troisièmement : ton lieu de couchage ne fonctionne pas aussi bien que tu le pensais. Le bivouac est froid, il manque des points d’ancrage pour le hamac dans la forêt mixte, le sol est humide. Cela fait partie de l’expérience, ce n’est pas un échec.

« Le bikepacking est la seule discipline outdoor où le premier trip n’est pas l’objectif, mais le laboratoire matériel. Tu ne pars pas pour arriver, tu pars pour comprendre ce que tu dois corriger pour le deuxième trip. »
– Lael Wilcox, détentrice du record de la Tour Divide, dans une interview accordée à Bikepacking.com

Trois itinéraires DACH qui sont accessibles dès maintenant

Celui qui prévoit un premier voyage un peu plus sérieux dispose dans la région DACH de trois itinéraires, praticables de manière stable depuis la Pentecôte jusqu’à mi-juin. Premièrement : l’Iron-Curtain-Trail de Lübeck à Passau, avec des tronçons allant de 180 à 320 km, un terrain mixte, bien balisé et des points d’hébergement tous les 60 à 80 km. Pour parcourir le trail en entier, il faut deux semaines, mais des sections de trois jours fonctionnent dès la Pentecôte.

Deuxièmement : le Munich Gravel Loop, 280 km autour de Munich, en deux ou trois jours, avec une dénivelée raisonnable (3 200 m), hébergement à Tegernhof, Tutzing ou au bord du lac de Starnberg. Troisièmement : le Tirol Cross, 220 km reliant Innsbruck à la mer Adriatique, plus exigeant mais offrant les paysages les plus spectaculaires. Qui parvient à le réaliser maîtrise ensuite le bikepacking.

Pour les randonnées multi-jours de plus de 300 km, il est utile de s’entraîner avec des parcours croisés trailrunning en préparation – le rythme et le profil d’endurance s’apparentent. Et pour la question de l’équipement : mieux vaut emporter trop peu, puis racheter sur place. Qui aborde le bikepacking avec le mindset Ultra-Running-Gear pèse 30 % moins lourd qu’un campeur outdoor.

Ce qui reste

Le bikepacking est en 2026 là où se trouvait le trailrunning en 2018 : juste avant le grand public, avec une barrière d’investissement claire, mais porté par une communauté croissante qui soutient ce format. Qui commence cette Pentecôte n’est pas en avance. Qui attend septembre a manqué le début de saison et devra attendre l’année prochaine. Le compromis est très clair : 600 euros pour un équipement dédié à une discipline outdoor qui vous accompagnera pendant dix ans si vous la pratiquez sérieusement.

Qui veut un conseil honnête : commencez petit, n’achetez pas tout en même temps, apprenez lors des deux premières randonnées, corrigez votre équipement, puis investissez dans ce dont vous avez vraiment besoin. Le bikepacking récompense la patience plus que toute autre discipline outdoor. Qui a compris cela reviendra en août mieux préparé que celui qui s’est entièrement équipé en mai.

Cool-down

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Ai-je besoin d’un vélo Bikepacking spécifique ?
Non. Un simple vélo Gravel ou un VTT cross avec des pneus tubeless suffit pour 90 % de tous les trajets dans l’espace DACH. Les vélos spécialisés comme le Cube Stereo Bikepack ou le Salsa Cutthroat présentent des avantages lors de randonnées de plusieurs semaines ou en ultra-endurance, mais ils ne sont pas nécessaires pour débuter. Si vous possédez un vélo Gravel, vous pouvez partir immédiatement.
Bivouac ou tente : qu’est-ce qui est mieux pour les débutants ?
Pour la première saison : le bivouac. Plus léger, plus compact, il vous oblige à trouver un bon endroit pour dormir. Un sac de couchage Mountain-Equipment Ultralight Bivvy pèse 350 grammes et rentre dans n’importe quel roll de guidon. La tente ne vaut la peine que lorsque vous entreprenez des randonnées de plusieurs jours par mauvais temps ou si vous voyagez à deux. Le hamac n’est praticable que dans les forêts mixtes denses ; dans les régions préalpines, c’est souvent un mauvais choix.
Quelle distance parcourt-on par jour en tant que bikepacker ?
Réalistiquement entre 80 et 140 km par jour, selon le terrain et les dénivelés. Ceux qui roulent 200 km par jour sont en mode course et dorment très peu. Pour un bikepacking axé sur le plaisir, 80 à 100 km constituent la zone idéale où l’on conserve encore assez d’énergie le soir pour cuisiner, boire un coup et s’asseoir au campement. Les ultra-bikepackers dépassent les 250 km, mais il s’agit là d’une autre discipline.
Puis-je camper à la sauvage partout ?
Juridiquement, le camping sauvage est restreint en Allemagne, en Autriche et en Suisse. En Allemagne, il est interdit dans les zones naturelles protégées et relativement strictement contrôlé en Bavière. En Autriche, la réglementation varie selon les cantons ; en Suisse, il est généralement toléré au-dessus de la limite des arbres. Pragmatiquement, le format « arriver, faire nuit, repartir » fonctionne bien : donc pas de tente, départ tôt, aucune trace laissée. Ceux qui veulent être sûrs passent la nuit dans des camps de bikepacking désignés, de plus en plus proposés par le DAV.

Source image titre : Pexels / Marek Piwnicki (px:16473735)

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