Ce que la technologie de Paris 2024 apporte vraiment aux sportifs amateurs

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Paris 2024 remonte à près de deux ans. Les médailles sont accrochées, les stades ont retrouvé leur quotidien et la plupart des extraits vidéo ont depuis longtemps été transformés en TikToks. Ce qui reste est plus captivant que les gros titres de l’époque : la technologie qui a été déployée pour la première fois à grande échelle à Paris se trouve maintenant dans votre montre, votre application d’entraînement et la pellicule de votre smartphone. La question n’est plus de savoir ce que les professionnels ont utilisé. La question est de savoir ce qui, parmi cela, vous apporte réellement en tant que sportif amateur.
Paris 2024 a été l’Olympiade où les caméras ont appris à penser
Pour situer le contexte : Intel était à Paris en tant que partenaire officiel de l’IA du CIO et a assuré le suivi 3D des athlètes dans plusieurs sports. Le système utilise plusieurs caméras par arène, calcule un modèle squelettique de l’athlète et en déduit en millisecondes les trajectoires de course, les courbes de saut et les angles d’impact. Omega, chronométreur historique, a considérablement étendu la vision par ordinateur en natation et en athlétisme. Ce que vous avez vu en tant que spectateur, ce sont les courbes de vitesse, les longueurs de saut et les fréquences de bras affichées lors des retransmissions.
L’intéressant se passe sous le capot. Ces systèmes ne sont pas devenus si visibles en 2024 parce que le matériel s’est amélioré. Les caméras sont en principe restées les mêmes. Ce qui a changé, c’est le modèle qui lit les images. Les réseaux d’estimation de pose sont devenus si stables ces trois dernières années qu’ils tournent en direct plutôt qu’en post-production. Et comme la recherche derrière ces modèles est ouverte, la même technologie se retrouve peu après dans les applications grand public. C’est la partie qui vous concerne.
Wearables : ce que portent les élites du sport, ce dont vous avez réellement besoin
Dans les vestiaires parisiens, on retrouvait les suspects habituels : Garmin, Whoop, Polar, Apple Watch Ultra et Coros. Aucun athlète ne portait de wearable que vous ne pourriez pas acheter vous-même. La différence ne réside pas dans l’appareil, mais dans le contexte. Une équipe professionnelle dispose d’un entraîneur pour interpréter les données brutes ; vous, vous avez une application.
C’est là une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : l’avantage matériel des athlètes d’élite est pratiquement nul. La mauvaise : l’utilité de votre montre dépend presque exclusivement de la qualité atteinte par les logiciels des fabricants. Et sur ce point, quelque chose s’est réellement produit au cours des deux dernières années. Les scores de préparation (Readiness-Scores), qui oscillaient encore frénétiquement il y a trois ans, se sont stabilisés. Le suivi du sommeil fournit aujourd’hui des indications exploitables sur le sommeil profond et les phases REM, à condition de tempérer la précision absolue par une marge d’erreur honnête. Cela signifie : ne croyez pas que vous avez passé exactement 1:47 en sommeil profond. Mais croyez en la tendance observée sur plusieurs semaines.
Ce qui donne une structure à l’entraînement chez les professionnels fonctionnera pour vous, à condition de l’utiliser avec prudence. Toute alerte rouge de préparation ne justifie pas forcément une pause. Mais trois alertes rouges en une semaine constituent un signal indiquant que vous devez prendre votre sommeil au sérieux.
Estimation de la pose sur le trail : ce que l’ordinateur portable peut vraiment faire depuis Paris
À mon sens, l’aspect le plus captivant de la Paris-Tech est paradoxalement celui qui a reçu le moins de marketing. L’estimation de la pose, soit la reconnaissance des positions corporelles à partir d’une vidéo classique, est l’une des applications qui n’ont semblé aussi précises aux Jeux Olympiques que parce qu’elles ont été démultipliées sur plusieurs caméras. La technologie de base est librement accessible.
Google MediaPipe fonctionne sur un simple smartphone. L’Apple Vision Framework fait de même sur un iPhone sans serveur externe. Il existe des outils open source qui vous permettent d’analyser votre saut en bloc, votre angle de genou à la course ou votre rotation de pagaie en kayak. Ce que ce n’est pas : un substitut à un entraîneur. Les modèles détectent les articulations, ils n’interprètent pas les mouvements. Ils ne vous disent pas si votre hanche tourne correctement, ils vous indiquent seulement où elle se trouve.
Ceux qui l’utilisent trouvent rapidement une application pragmatique : enregistrer une vidéo, superposer une application d’analyse, comparer les angles articulaires. Pour les mouvements techniques comme l’escalade, le parkour ou le trail running, ce sont des outils que les athlètes auraient payé le prix d’un stage d’entraînement il y a cinq ans. Aujourd’hui, cela vous coûte une demi-heure sur le canapé.
Ce que Paris 2024 n’a PAS livré
Quelques mots honnêtes sur ce qui ne s’est pas produit. La mesure continue de la glycémie chez le sportif est vendue depuis des années comme la prochaine grande révolution. Elle n’était pas la norme à Paris. Quelques athlètes ont expérimenté avec, les données disponibles restent minces et pour l’immense majorité des sportifs amateurs, ce n’est pas une entrée pertinente. Ce que l’industrie des biosenseurs promet et ce que la pratique montre sont très éloignés.
Deuxième point : l’analyse par bio-impédance pour le statut hydrique et l’hydratation est un outil de laboratoire pour les athlètes de haut niveau, pas un outil du quotidien. Votre montre de sport fournit des estimations à ce sujet, pas des mesures. Quiconque vous raconte que sa montre l’avertit de la déshydratation a confondu le marketing avec une fonctionnalité.
Et : les grands systèmes vidéo IA de Paris 2024 ne sont pas arrivés sous leur forme complète dans les applications grand public. Ce que vous avez aujourd’hui sur votre téléphone est une variante fortement réduite. C’est acceptable, mais vous devriez le savoir. La différence réside dans le nombre de caméras et la puissance de calcul en arrière-plan.
LA 2028 : ce qui arrive et pourquoi tu ne devrais pas attendre ça
Los Angeles 2028 est déjà en phase de planification et certains éléments sont pratiquement acquis. De nouvelles disciplines (Flag Football, Cricket, Lacrosse, Squash, Baseball/Softball) entraînent de nouveaux défis de mesure. Le CIO et ses partenaires technologiques miseront probablement encore davantage sur l’analyse vidéo automatisée, car ce type de sport, qui se déroule sur plusieurs terrains parallèles, est difficile à couvrir avec des officiels humains. Cela ressemble à du progrès et c’est probablement le cas.
Pour toi, coureur, grimpeur, boulderer, passionné de trail ou kitesurfeur, cela change peu. La technologie de LA subira le même sort dans deux ans que celle de Paris aujourd’hui : un an après les Jeux, l’essentiel se retrouvera dans des dépôts Open Source. Il ne vaut pas la peine d’attendre la prochaine vague. Celle qui déferle déjà sur toi est plus que suffisante.
Une utilisation pragmatique : votre configuration pour moins de 400 Euro
La base : Une montre de sport avec un capteur de fréquence cardiaque fiable et, en option, une ceinture thoracique pour les séances d’intervalle. Il peut s’agir d’une Garmin Forerunner d’occasion, d’un Coros Pace ou d’une Apple Watch SE. Fourchette de prix : 150-300 Euro. Pour la ceinture thoracique, comptez encore 40-80 Euro. La mesure optique de la fréquence cardiaque au poignet est suffisante pour l’endurance, mais peu fiable lors des intervalles. Ceux qui font des intervalles utilisent la ceinture.
Le logiciel : L’application du fabricant est la première étape. Jetez-y un œil avant d’envisager TrainingPeaks ou des services premium similaires. Les métriques de préparation et les recommandations de charge des grands fabricants ont fait des progrès ces deux dernières années. Si vous voulez plus, passez à l’échelle supérieure après trois mois, pas avant.
L’analyse : Pour l’analyse vidéo, votre smartphone suffit. Des applications gratuites avec intégration MediaPipe vous offrent une superposition des articulations et des angles. Pour les sports techniques, c’est utile si vous avez une question précise. Pas pour vous impressionner. La question peut être : comment est ma réception en descente de trail, où perds-je de la vitesse, que fait mon pied à l’impact ? Pour ce genre de questions, un trépied et la caméra du téléphone vous donneront des réponses.
Ce que vous pouvez omettre : Les smart rings comme trackers de sommeil additionnels si vous portez déjà une montre. Les capteurs de glucose sans indication médicale. Les abonnements d’analyse coûteux avant d’avoir utilisé les outils gratuits. Et, en principe : tout nouveau matériel qui mesure une donnée que vous ne pouvez pas nommer concrètement. S’entraîner intelligemment signifie toujours se concentrer sur quelques signaux et les suivre avec constance.
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Quelles montres portaient les athlètes d’élite à Paris 2024 ?
Qu’est-ce que la Pose-Estimation et quel est son intérêt ?
Les scores de préparation sont-ils fiables ?
Une ceinture thoracique vaut-elle le coup en plus de la montre ?
Quelles nouveautés technologiques attendre pour LA 2028 ?
Par la rédaction
Source de l’image de une : Pexels / Atlantic Ambience (px:12955772)






